Je pense donc je swingue

Le jazz veut-il dire quelque chose ? Que nous apprend-il sur les relations du corps et de l’esprit ? À quoi pense le jazzman qui improvise ? D’où vient son inspiration ?

Citations

Si les sources des citations ne sont pas précisées, c’est qu’elles proviennent des livres cités dans la bibliographie ci-dessous.

« S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu », Emil Cioran, Syllogisme de l’amertume.

« Sans Bach, la théologie serait dépourvue d’objet, la Création ficitive, le néant péremptoire. S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu. » Idem.

« Sans la musique, la vie serait une erreur », Friedrich Nietzsche, Crépuscule des idoles.

« Je ne pourrais croire qu’à un Dieu qui saurait danser », Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

« Et que chaque jour où l’on a pas dansé une fois au moins soit perdue pour nous ! », Idem.

« Adorno, qui est à ma connaissance le seul philosophe d’envergure à avoir traité du jazz – serait-ce de cette manière à la fois hautaine et piteuse – , est également le seul qui, à condition de le lire au-delà de ce qu’il voulait dire et de traquer l’impensé qui est au cœur le plus secret de sa pensée, nous ouvre l’accès à cet art étrange qui porte avec lui, nativement sans doute, la hantise de son « droit à l’existence ». Et donc l’angoisse déchirée de l’art ‘lui-même' », Philippe Lacoue-Labarthe, « Remarques sur Adorno et le jazz (D’un désart obscur) ».

« Nous voulons savoir en vertu de quelle raison nous nous sommes décidés, et nous trouvons que nous nous sommes décidés sans raison, peut-être même contre toute raison. Mais c’est dans certains cas la meilleure des raisons. Car l’action accomplie n’exprime plus alors telle idée superficielle, presque extérieure à nous, elle répond à l’ensemble de nos sentiments, de nos pensées et de nos aspirations les plus intimes, à cette conception particulière de la vie qui est l’équivalent de toute notre expérience passée. », Henri Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience.

 » Il y a toujours entre l’hospitalité et de l’improvisation – qui est notre situation à l’instant -, une affinité essentielle. », Jacques Derrida, interview radiophonique de 1997 autour de la parution de De L’Hospitalité.

Bibliographie

  • Theodor W. ADORNO, Le Caractère fétiche dans la musique et la régression de l’écoute [1938], Paris, Allia, 2001.
  • Henri BERGSON, Essai sur les données immédiates de la conscience [1889], Paris, PUF, 2007.
  • Gilles DELEUZE, Nietzsche [1965], Paris, PUF, 2005.
  • Agnès GAYRAUD, Dialectique de la pop, Paris, La découverte, 2018.
  • Vladimir JANKELEVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien, 3. La volonté de vouloir, Paris, Seuil, 1980.
  • Georges LIEBERT, Nietzsche et la musique, Paris, PUF, 2000.
  • Friedrich NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra [1885], livre I (les trois métamorphoses de l’esprit)
  • – Humain trop humain [1878-1880], § 155, « Croyance dans l’inspiration »
  • – Seconde considération intempestive. 2. De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques [1874]
  • PLATON, Ion
  • Mathieu ROUSSELOT, Etudes sur l’improvisation musicale, Paris, Harmattan, 2012.
  • François ROUSTANG, Qu’est-ce que l’hypnose ?, Paris, Minuit, 1994.

Sur le web

  • Sur la construction de la gamme : Les mathématiques de la musique (avec Vled Tapas), Science étonnante #41 :